Tu avais l'âge d'une
couventine
Quand déjà j'allais te
voir en boghei
Tirant sur les cordeaux
de ma brave Cendrine
Je portais sur le front
mon coco bien campé
J'avais astiqué comme
il faut mes bottines
Et me gourmais dans mon
faux col empesé
De quoi rendre jalouses
tes voisines.
Tu mettais ta robe en
tricotine
Que tu avais
dernièrement achetée.
Ton corset te moulait
une taille fine
Que j'aurais bien voulu
enlacer,
En cachette sur ta joue
câline
Je déposais parfois un
baiser,
Tout en lorgnant ta
ferme poitrine.
La neige a tombé sur ta
tête de couventine.
Je n'ai plus les
attraits du beau cavalier
Au chapeau rond et aux
brillantes bottines.
Hélas! j'ai subi
l'outrage des années.
Tu n'as plus comme dans
l'temps ta taille fine.
Mais comme autrefois,
mon coeur est resté.
Je demeure comme avant
ton Valentin , ma Valentine.
R.Tremblay