Petit matin

 

 

Je te reconnaîtrai aux algues de la mer

Au sel de tes cheveux, aux herbes de tes mains

Je te reconnaîtrai au profond des paupières

Je fermerai les yeux tu me prendras la main.

 

 

Je te reconnaîtrai quand tu viendras pieds nus

Sur les sentiers brûlants d'odeurs et de soleil

Les cheveux ruisselants sur tes épaules nues

Et les seins ombragés des palmes du sommeil.

 

 

Je laisserai alors s'envoler les oiseaux

Les oiseaux long-courriers qui traversent les mers

Les étoiles aux vents courberont leurs fuseaux

Les oiseaux très pressés fuiront dans le ciel clair.

 

 

Je t'attendrai en haut de la plus haute tour

Où pleurent nuit et jour les absents dans le vent

Quand les oiseaux fuiront je saurai que le jour

Est là marqué des pas de celle que j'attends.

 

 

Complices du soleil je sens mon corps mûrir

De la patience aveugle et laiteuse des fruits

Ses froides mains de ciel lentement refleurir

Dans le matin léger qui jaillit de la nuit.

 

 

 

 

Claude Roy

 

(Le Poète mineur)

 

 

Retour Au p'tit café de la poésie

 

Envoyer cette page par courrier

 

 
 
Petits Bonheurs! Merci.

 

 

 

 

 

Copyright ( Nicole et son petit monde ) © 2003 Tous droits réservés