Offrande

 


 

 

Cachée dans le sous-bois, la tendre violette

S'ennuyait, ne savait comment passer le temps.

Quand elle m'aperçut, vite leva la tête

Et me dit doucement: " Tu sais, c'est le printemps!

Nous devons rendre grâce à Madame Nature.

Elle a repeint les bois, les arbres, les jardins.

Les oiseaux éblouis chantent dans la ramure,

Et moi je suis bien seule, oubliée dans mon coin.

 

Cueille moi, cueille moi, osa-t-elle me dire.

J'ai bien assez grandi, et c'est le mois d'avril.

Dans mon écrin feuillu je pleure, je soupire.

Ici, nul ne me voit, et mon parfum subtil

Qu'un poète chanta ne profite à personne.

Et je suis si timide. Aussi, je t'en supplie,

Écarte de la main les feuilles de l'automne.

Cueille moi, cueille moi, dis, s'il te plaît, ma mie! "

 

J'ai coupé à regret la frêle collerette.

J'avais la honte au front, et je me suis enfuie.

Humide de rosée, la mignonne fleurette

En ce matin d'avril m'avait donné sa vie.

Recevez en cadeau la tendre violette,

Offrande bien modeste, et sincère pourtant.

Dès qu'elle m'aperçut, vite leva la tête,

Et me dit doucement: " Tu sais c'est le printemps! "

 

Renée Jeanne Mignard

 

Tous droits réservés

 

Vous pouvez lire d'autre beaux poèmes de Renée Jeanne en lui rendant visite sur son site:

http://www.reneejeannemignard.net/

 

 

Retour Au p'tit café de la poésie

 

Envoyer cette page par courrier

 

 
 
Petits Bonheurs! Merci.

 

 

 

Copyright ( Nicole et son petit monde ) © 2004 Tous droits réservés