<BGSOUND src="" loop=infinite>




 

 

Le chemin qui mène à ton visage


 

 
Je ne t'ai pas reconnu dans ce mendiant dont les yeux sont comme deux veilleuses d'hôpital et les mains, deux écorces vides.
 
 
Je ne t'ai pas reconnu dans cet enfant qui pèse à peine le poids d'une fleur étiolée et dont le regard me dit: j'ai faim.
 
Je ne t'ai pas reconnu dans ce malade, esquif de l'ombre, poignée de cendre où couve, incandescent, le feu de la souffrance.
 
Je ne t'ai pas reconnu dans ce corps où s'enfonce, chaque jour un peu plus loin, l'écharde de la solitude.
 
Je ne t'ai pas reconnu dans cet homme à genoux, ligoté, bâillonné, supplicié, la nuque offerte au soleil de la mort.
 
Je ne t'ai pas reconnu dans ce visage qui est le tien: fontaine vive de mon enfance où j'abreuvais mes plus hautes soifs,
 
aujourd'hui lagune où surnagent en flaques de sang toutes les impuretés du monde...
 
Alors, dis-moi, comment trouver le chemin qui mène à ton visage?
 
 
Guy Bornand,
 
Extrait de: Le coeur: brûlis brûlot.
 

 
 
 
 
 
 

Envoyer cette page par courrier

 

 
 
Petits Bonheurs! Merci.

 

 

 

 
 

 

Copyright ( Nicole et son petit monde ) © 2003 Tous droits réservés