J'ai gardé de mes
Noëls d'enfant le goût de l'orange.
Ce fruit rare à
cette époque allait rejoindre nos modestes cadeaux dans nos bas de
Noël.
Et parfois il
garnissait le plat de fruits si précieux (cadeau de noces de nos
parents) pour en faire un centre de table.
J'ai cultivé ce goût
de l'orange comme d'autres le font pour le chocolat, les sucreries
ou la cigarette. J'en mange partout: en lisant, en regardant la télé,
en voyageant; j'en glisse dans mon sac à dos, j'en grignote sur les
pentes de ski, en pique-nique, à bicyclette, au saut du lit et pour
tromper ma faim à la moindre occasion.
Mon beau-frère, qui
s'est vite intégré à la famille, s'est amusé de ma "petite folie". À
ma grande joie et à ma grande surprise, il est un jour arrivé à la
maison non pas avec du vin et des fleurs, mais en portant à son bras
un magnifique sac qu'il avait fait remplir d'oranges, les plus
grosses et les plus juteuses que l'on puisse trouver en ville!
Qui a dit qu'il est
difficile de choisir un cadeau pour une personne qui nous reçoit? Le
secret: observer, laisser parler son coeur et oser.
J'aime toujours les
oranges. Je voudrais pouvoir en cette nuit de Noël en offrir à tous
les enfants de la Terre qui ont faim, qui ont soif et qui sont en
manque d'amour.