Bateau captif

 

J'ai rêvé l'autre nuit

que je survolais mon âme.

 

Elle était comme un désert de neige,

où galopait le noir coursier de la tristesse,

tous mes rêves d'enfant.

 

Je l'ai vue aussi ressemblant

à un immense jardin,

où les fleurs ne demandaient qu'à s'épanouir;

mais là, il y avait un jardinier qui,

d'une main lasse, s'amusait à les cueillir,

alors qu'elles n'étaient pas encore écloses.

 

Parfois, elle était comme une mer sereine,

n'ayant autre chose à faire

que de boire à même le firmament.

 

Souvent, elle était comme l'un de ces oiseaux qui volent très haut, essayant de sculpter l'azur, du bout de leurs ailes.

 

Mais le plus souvent, elle ressemblait à un tout petit  navire, ancré dans un port inconnu, où le départ se faisait attendre éternellement.

 

 

 Paul D'Aigle

 


 

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